3 questions à… Pascal Bantegnie — Directeur Financier de Safran Ambitions 2028 (1) Révision à la hausse des ambitions 2028, malgré les droits de douane américains et la contribution exceptionnelle française à l’impôt sur les sociétés. Principaux changements par rapport à la journée investisseur 2024 : Hausse des hypothèses d’après-vente pour les moteurs civils Dynamique positive sur la Défense, notamment les nouvelles commandes de Rafale Droits de douane Majoration de l'impôt sur les sociétés en France : -377 M€ en 2025 et /home/webapps/asp_fr/data/asp/publications/cotecorp/safran_webpub/raport-integre-2025/safran-rapport-integre-2025 -470 M€ en 2026 d’impact sur le cash-flow libre Cours spot €/$ : 1,15 en 2026 et 2027 (inchangé) et 1,20 en 2028 (cours couvert €/$ inchangé à 1,12 sur la période) Quelles sont les principales raisons qui vous amènent à réviser à la hausse vos perspectives pour 2028 ? P. B. L’amélioration de nos perspectives pour 2028 s’explique principalement par un contexte plus favorable qu’initialement anticipé pour nos activités d’après-vente, en particulier pour les moteurs civils. Notre activité bénéficie d’un trafic aérien supérieur aux prévisions, ce qui conduit les compagnies aériennes à utiliser davantage leurs flottes existantes, et donc les moteurs CFM56, faute de nouveaux avions disponibles. Cette situation entraîne un volume très élevé de passages en atelier, tandis que le contenu des événements de maintenance atteint des niveaux records. Cette tendance devrait perdurer jusqu’en 2028, générant des profits supplémentaires. Quelles hypothèses retenez-vous pour la croissance des activités de défense d’ici 2028 ? P. B. Nous anticipons une croissance soutenue des activités de défense et de souveraineté d’ici 2028, avec un quasi-doublement des activités de défense à horizon 2030 par rapport à 2024. Cette dynamique est portée par la montée en cadence de programmes clés (M88, hélicoptères, propulsion missile) ainsi que par l’accélération des activités d’électronique de défense, illustrée par un carnet de commande élevé et une augmentation des capacités de production. Le Groupe dispose actuellement d’une trésorerie positive. Quelles sont vos priorités quant à son utilisation ? P. B. Notre stratégie d’allocation du capital repose sur plusieurs axes complémentaires. Nous menons des opérations de croissance externe ciblées et procédons à une gestion sélective de notre portefeuille d’activités. Nous maintenons un niveau élevé d’investissements dans nos capacités industrielles pour faire face à la montée en cadence de nos activités. Nous poursuivons nos efforts en matière de R&D, en concentrant nos priorités sur le développement de la nouvelle génération d’avions et la décarbonation. Concernant la politique de retour aux actionnaires, nous maintenons un taux de distribution de dividende à hauteur de 40 % et poursuivons notre programme de rachat d’actions de 5 milliards d’euros entre 2025 et 2028.